Si vous n’avez pas le temps ou l’énergie de lire ce texte vous pouvez cliquer ici pour ouvrir la carte mentale « conseils pour retrouver la sérénité »  cliquer ici pour comprendre les effets du stress.

L’anxiété généralisée

Description
L’anxiété constitue actuellement le principal problème en matière de santé mentale. Un tiers de la population en serait affecté. Cependant, un très grand nombre de ces personnes ne sont pas traitées. Cette situation s’explique par le fait que l’anxiété est un phénomène subjectif, complexe et difficile à définir. Il convient donc de bien distinguer l’anxiété normale de l’anxiété dite pathologique ou encore de faire la nuance entre l’anxiété, la peur, la phobie et le stress.

Les cycles successifs de la vie occasionnent de l’anxiété à des degrés divers. L’adolescence, la ménopause et le troisième âge sont des périodes de vie particulièrement propices à l’anxiété puisqu’elles exigent une adaptation aux changements profonds qui s’effectuent dans le corps humain.

Certains scientifiques pensent que l’anxiété est un réflexe conditionné. Selon une théorie psychanalytique, l’anxiété est la manifestation d’un conflit inconscient, d’une maladie, d’une crainte ou d’un événement psychologique troublant qui s’est produit durant l’enfance. Chez certaines personnes, la façon dont elles ont appris à faire face aux événements de la vie peut entraîner une prédisposition à l’anxiété. Il est tout de même important de prendre en compte que l’anxiété bénigne est utile, car elle contribue à l’adaptation et incite l’individu à trouver des solutions; elle est source d’action et de changements.

  • L’anxiété généralisée

Lorsque l’anxiété devient extrême, donc pathologique, elle altère, voire, paralyse le fonctionnement de la personne, et ce, dans la plupart des sphères de son existence. Une personne souffrant d’anxiété sévère vit des difficultés considérables tant au travail que dans sa vie familiale, sexuelle ou sociale.

  • La peur et les phobies

La peur, quant à elle, est une émotion similaire à l’anxiété, mais elle se manifeste normalement en réponse à un danger ou une menace réelle. Ainsi, il est normal d’avoir peur en forêt lorsqu’on se trouve face à un ours. Mais si l’on s’inquiète des mois à l’avance à cause d’un examen médical de routine, on est anxieux.

Dans le cas où une peur devient extrême face à une situation imaginée comme dangereuse et qu’elle tend à engendrer l’évitement de cette situation, on parle alors de phobie. Dans la phobie, le danger n’est pas réel. Il existe plusieurs sortes de phobies : phobie des animaux, des lieux clos, de la noirceur, des hauteurs, etc.

  • Le stress et l’anxiété généralisée

Le stress est une réaction physiologique et psychologique face à une situation souvent inattendue de la vie. Par exemple, d’importantes difficultés financières, un divorce, un licenciement sont certainement des agents de stress pouvant générer un certain niveau d’anxiété.

L’anxiété est une émotion considérée comme normale quand elle constitue une réponse à un stress. Elle devient pathologique quand l’exposition prolongée au stress crée une peur diffuse est reliée à l’anticipation d’un évènement négatif ou d’un danger imminent indéterminé qui pourrait arriver, qu’elle génère une souffrance et une incapacité fonctionnelle.

« L’anxiété est en quelque sorte, la capacité à amplifier et à créer soi-même du stress. »

Symptômes
Une anxiété et du souci excessif face aux activités quotidiennes pendant plus de 6 mois consécutifs.

L’anxiété et les soucis sont associés à trois (ou plus) des symptômes suivants :

◦Agitation
◦Fatigabilité
◦Difficultés de concentration ou trous de mémoire
◦Irritabilité
◦Tension musculaire
◦Perturbation du sommeil
L’anxiété, les soucis et les symptômes physiques qui en découlent entraînent une souffrance significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines.

Causes
L’anxiété n’a pas de cause unique. Elle est plutôt déclenchée par une association et la somme de facteurs physiques (biologiques), psychologiques et environnementaux (agents de stress).

◦Des facteurs biologiques, soit une forme de prédisposition héréditaire.
◦Des facteurs psychologiques comme un mécanisme de défense inefficace ou inopérant.
◦Des agents de stress provenant de l’environnement.

L’anxiété pathologique peut être engendrée par trois types de maladies :

◦La maladie physique, comme l’hyperthyroïdie. Dans ce cas, l’anxiété est dite « secondaire » et disparaît après la guérison.
◦Les maladies mentales (autres que les troubles anxieux) : la dépression, les psychoses et le trouble bipolaire s’accompagnent souvent d’une anxiété marquée. Dans ces cas, l’amélioration du trouble mental pourra réduire considérablement celle-ci.
◦Toute la gamme des troubles anxieux, tels que l’anxiété généralisée, les crises de panique, les phobies et le trouble obsessionnel-compulsif. En présence de ces troubles, l’anxiété est un phénomène dit « primaire », c’est-à-dire prédominant.
Les scientifiques sont en train d’étudier l’importance de l’hérédité et de la biochimie du cerveau dans la genèse et la production des troubles anxieux. Il semble de plus en plus certain que des déséquilibres biochimiques seraient responsables de l’apparition de ces maladies.

Qui en est atteint ?
Le trouble d’anxiété généralisée (TAG) touche entre 5 et 10 % de la population. Les femmes sont deux fois plus susceptibles d’être affectées que les hommes.

Les personnes atteintes consultent souvent au début de l’âge adulte, mais disent se souvenir d’avoir toujours été anxieuses. Elles consultent par ailleurs souvent des médecins généralistes ou spécialistes pour toutes sortes de plaintes physiques non spécifiques.

De 50 à 90 % des gens souffrant de trouble d’anxiété généralisée souffriraient également d’une autre maladie mentale. Le trouble panique, la dépression et l’abus de drogues ou d’alcool sont très fréquemment associés au TAG.

Prévenir et soigner
Peut-on parler de prévention de l’anxiété? Oui et non. Si l’anxiété découle surtout d’un problème situationnel et passager sur lequel on a une certaine emprise, il est possible de la prévenir en modifiant certaines habitudes de vie. Une bonne hygiène de vie peut grandement diminuer l’anxiété pour la ramener à un niveau tolérable.

Parmi les éléments d’une bonne hygiène de vie, mentionnons :

°Un bon équilibre entre le travail, le repos et les loisirs;

°privilégier les loisirs calmes, sources de bien-être et détente

°éviter de vous exposer aux stress que représentent les actualités TV, les images de conflits, les lectures de livres stressants, tout stimulus trop intense (bruits…)

°préférer (si possible) la compagnie de proches ne présentant pas eux-mêmes de niveau de stress trop élevés

°Une faible consommation de caféine, d’alcool et de nicotine;

°Une bonne alimentation;

°Et surtout, de l’exercice régulier, à rythme pas trop intense.
Lorsque l’anxiété est liée à des facteurs individuels de nature biologique et psychologique, la prévention est beaucoup plus problématique. Il va sans dire qu’une bonne hygiène de vie ne peut que favoriser le rétablissement de la personne, mais en présence d’une anxiété pathologique, il faudrait recourir à un traitement médical qui sera adapté à chaque cas particulier.

Traitements

◦Psychothérapie
Plusieurs études ont démontré l’efficacité de la thérapie cognitivo-comportementale dans le traitement des troubles anxieux. La thérapie propose à la personne d’observer et d’analyser ses comportements et ses pensées anxieuses, apprendre de nouveaux comportements, et remplacer les pensées et les émotions non désirées par d’autres plus adaptées.

La thérapie cognitivo-comportementale est efficace tant individuellement qu’en groupe. Les études confirment que les approches psychothérapeutiques sont plus efficaces à long terme que la pharmacothérapie (médication) contre les troubles anxieux.

◦Pharmacothérapie
Les antidépresseurs sont efficaces contre les symptômes dépressifs et pour traiter l’inquiétude avec rumination quand la personne a une réponse limitée à la psychothérapie.

Les anxiolytiques, tels que les benzodiazépines, soulagent principalement les symptômes somatiques. En raison des effets secondaires et des problèmes de dépendance et de sevrage, ils sont recommandés pour une utilisation à court terme.

Les antipsychotiques peuvent être prescrits lorsque la personne ne répond pas aux autres traitements pharmacologiques.

◦Approches complémentaires

Les techniques de relaxation

Les excercises respiratoires agissent rapidement sur l’anxiété et diminuent le degré global de stress après une pratique régulière de quelques semaines. Ils sont à la base des techniques de relaxation. L’important est une pratique régulière : idéalement deux fois par jour. Après un certain temps, le degré d’anxiété diminuera et le degré d’énergie augmentera.

Les techniques de relaxation sont nombreuses et ont fait leurs preuves pour réduire le stress et l’anxiété en général.

La méditation amène la personne à concentrer son esprit sur un mot, un son, un symbole, une image ou sa propre respiration. Le but est de produire un profond état de relaxation et de tranquillité tout en stimulant l’esprit et le mental. Plusieurs types de méditation permettent de réduire le stress.

Groupes de soutien et d’entraide : Pour briser l’isolement des personnes atteintes, ces groupes leur permettent d’échanger, de partager leur expérience et recevoir de l’information et du soutien.

°Bibliothérapie ou auto-thérapie dirigée

La lecture permet de compléter efficacement la psychothérapie en favorisant une meilleure compréhension des causes, de la nature du trouble et du traitement de la maladie.

 

d’après http://www.fondationdesmaladiesmentales.org/la-maladie-mentale.html?t=2&i=3

Dr Robert Jeanson

Praticien Hospitalier Psychiatre EPSM Lille Métropole Robert Jeanson